




Le stage étaient très cohérent et son rythme identique, jour après jour, m’a permis de fixer très vite mon attention sur la première PCM qui donnait le LA à l’ensemble de la journée.
Je m’attachais à ce qu’il fallait comprendre du fonctionnement du bras, de l’épaule, de la ceinture scapulaire, des côtes, jusqu’au bassin.
Mais plus encore, je m’interrogeais sur l’importance en moi du rythme dans l’enchaînement d’un mouvement et des pauses qui m’étaient nécessaires.
Pour comprendre cela de l’autre. Pour être juste. Les meilleures parties d’if, reçues de mes camarades pendant les 4 jours, tenaient compte de ça : des pauses dans l’enchaînement et aussi de la fluidité du mouvement transmis. Je mets tout au même niveau d’écoute. Il y avait aussi la légèreté dans leurs bras quand ils s’entraînaient sur moi..
Tu as beaucoup insisté là dessus et sur l’importance d’engager l’ensemble de soi-même. J’ai ressenti ça comme l’outil majeur pour faire comprendre à l’autre mon intention. Et bien sûr, pour ne pas me blesser le dos !
Très vite, j’ai senti que si je voulais être comprise, il me fallait impliquer ma colonne, mon bassin et même mes jambes.
Pour l’instant, ce n’est pas spontané. Je dois y penser, cela me « possède » quelques minutes et soudain, je l’oublie !
Et, détail… pour moi au fil des journées, l’inconfort de travailler au sol m’empêchait de transmettre quoi que ce soit. L’organisation de moi-même ne tenait pas la route, car j’avais d’énormes bleus aux genoux ! Bref, une ou deux tables en plus ne serait pas du luxe :)))
J’ai toujours envie..
- d’en rajouter. Par exemple, d’aller voir du côté des pieds/du fémur pour bouger l’épaule. De changer d’angle. Pour casser le rythme, créer de la surprise, amener un mouvement franc là où il semblait anodin 1 minute avant, dans un autre plan.
- de faire le geste préféré. Qui pour moi est de me déplacer en ligne en pressant le dos de mes doigts le long d’un segment (côtes, jambes, bras…) ça me rassure. Pendant ce temps, je m’interroge sur mon but. QUELLE EST MON INTENTION !!!
Mantra clair et pas du tout. Je l’ai bien entendu pendant ces 4 jours !
La concision, l’enchaînement du mouvement que j’imprime et son retour, les pauses, et l’intention. Je comprends l’intérêt de nommer son intention quand on propose un mouvement. La précision que celle-ci implique. Tout devient limpide pour qui est sur la table, si en plus de l’intention, on réussit à mesurer l’amplitude et le rythme. Et puis, il y a ce qu’on décide de faire pour répondre à la demande verbale ou non de la personne. L’intention nécessaire, sans fioriture. Celle-ci, je ne l’appréhende pas toujours. Lorsque j’observe quelqu’un, j'attrape des bribes (une épaule plus basse-plus haute, l’orientation d’une colonne, une hanche en avant…). Mais je suis loin de comprendre quoi en faire, de vraiment sentir un blocage et donc de poser la bonne question, d’avoir une foutue intention.
Alors… À peine, je me sens capable de proposer des schémas.
Même si, je ne sais pas que je sais ! Le truc qui m’aide, c’est d’imaginer la pcm que je ressens dans le fragment d’if que je donne. Si j’imagine le mouvement, j’en ressens l’effet et le communique. L’hallucination squelettique en balancier ! Remarques.
J’ai vraiment aimé que ces 4 jours soient hautement intensifs. Un 5e aurait été de trop. Trop d’infos. Trop de fatigue. Mais, 4 jours étaient une parfaite et progressive immersion. Le schéma de la journée devenant clair. Au fur et à mesure, l’attention s’amplifiait dès la pcm du matin.
Les 2 premiers jours, tu nous donnais 3-4 mouvements à explorer, sans rien nous montrer. Puis, les 2 derniers, quelques pistes très rapides sur des élèves. Et j’aimais bien ce travail volontiers « imprécis » qui m’obligeait sans cesse à revenir à ce que j’avais ressenti lors de la pcm et à être ultra attentive à ce que j’observais de l’autre.
Souvent, j’ai eu l’impression de manquer de temps. Je ne me rendais absolument pas compte qu’il passait. Au fil des jours, le manque de temps n’avait plus d’importance car tous les exercices étaient reliés (ainsi que les pcm). Tout découlait de ce qui avait précédé et s’en nourrissait. C’était intense et clair.
Il y aurait sans doute mille autres choses à dire !
Je retiens l’envie de jongler sans cesse de la pcm à l’if. Ce mouvement de soi à l’autre. Merci Éric, pour ce stage passionnant !